Une transition se prépare bien avant le grand saut

On croit souvent que tout commence le jour où l’on décide de changer sa vie. Mais beaucoup d’éléments se préparent bien avant. D’autres apparaissent seulement après avoir fait ce premier pas.

En septembre dernier, j’ai fait un grand saut : reprendre mes études à temps plein, à 45 ans, pour devenir conseillère en orientation. Ce choix ne s’est pas fait du jour au lendemain. Si tu veux découvrir ce qui m’a amenée à emprunter cette nouvelle voie, je te raconte mon parcours dans cet article.

Après une quinzaine d’années dans le domaine des communications, cette décision représentait bien plus qu’un simple retour sur les bancs de l’école. Elle impliquait de revoir mon organisation familiale, d’accepter une baisse de revenus, de composer avec une nouvelle charge de travail et de me préparer à retrouver ma place parmi les étudiants.

Aujourd'hui, après quelques semaines dans cette nouvelle aventure, je vois que j'apprends déjà beaucoup sur les transitions. J'observe comment nous arrivons à nous adapter, combien il faut se préparer et que nous avons en nous des ressources que nous ne remarquons pas toujours.

Remonter sur une bicyclette vingt ans plus tard

Je dois l'admettre, je me suis remis dans le rythme de l'école plus vite que prévu. C’était comme reprendre le vélo après vingt ans et se rendre compte qu’on sait encore rouler. Bien sûr, il a fallu que je m'adapte. J'ai appris comment les professeurs préparaient leurs cours et leurs évaluations, j'ai trouvé des façons efficaces de prendre des notes, j'ai essayé différentes méthodes pour me préparer aux examens, je me suis habitué à un nouvel horaire et j'ai rencontré de nouvelles personnes. Tout cela prenait du temps et de l'énergie.

Mais j'ai vite vu que je ne partais pas vraiment de rien. Au fil des années, j'avais mis en place des façons de faire, j'avais appris à mieux me connaître et j'avais vécu des situations qui avaient renforcé ma capacité d'adaptation. Je ne m'en rendais pas forcément compte, mais j'avais accumulé des ressources qui allaient m'aider pour cette nouvelle étape.

On oublie vite cela quand on pense à un grand changement. On se concentre sur ce qu'il faudra apprendre, sur les compétences qui nous manquent et sur les obstacles à venir. Parfois, on regarde la route devant sans voir tout le chemin qu’on a parcouru jusqu’à présent.

Mais notre expérience reste avec nous quand nous prenons une autre direction. Elle nous suit, même si elle vient d’un domaine très différent de celui où nous allons. Je ne vois pas cela comme un changement de carrière à 180 degrés, mais plutôt comme une continuité. Mon bagage en histoire, en communication et en gestion de projets m’a amené à me consacrer davantage à l’humain, au bien-être des personnes et à l’accompagnement dans la recherche de sens et d’actualisation de soi.

Une transition ne sert pas seulement à acquérir de nouvelles compétences. Elle permet aussi de retrouver celles que nous avons déjà acquises.

Le changement commence souvent avant le premier jour

Je pense que mon adaptation s’est plutôt bien déroulée parce que je m’y étais préparée. Pendant les six mois précédant la rentrée, j'ai réfléchi aux différents aspects de ce changement. Il y avait la réorganisation de la vie de famille, la baisse des revenus, la charge de travail, le retour aux études et les exigences d'une vie étudiante à temps plein.

Je savais que cette décision changerait ma vie de tous les jours. Je ne pouvais pas tout imaginer, mais j'avais déjà commencé à prévoir ce qui allait arriver.

Cette préparation a fait une différence. Quand la rentrée a commencé, je connaissais déjà l'ampleur du projet et ce qu'il impliquait en pratique. J'avais pensé à plusieurs de ces questions et j'avais commencé à m'organiser.

Cela ne veut pas dire que tout était résolu. J'avais plutôt passé du temps à mettre en place des conditions qui m'aideraient à traverser cette période avec un peu plus de stabilité.

On pense parfois que préparer une transition consiste à attendre le bon moment, le bon programme, le bon emploi ou la bonne occasion. Elle peut aussi se traduire par des actions bien plus concrètes.

  • examiner les changements que notre décision entraînera dans notre quotidien;

  • reconnaître les ressources dont nous disposons et celles qu'il nous faudra développer;

  • réfléchir aux contraintes financières, familiales et organisationnelles;

  • identifier les personnes qui pourraient nous soutenir;

  • revoir certaines habitudes avant que le changement n'arrive.

Attention! Se préparer ne garantit pas que tout se déroulera comme prévu. Mais cela peut nous aider à aborder l'inconnu avec davantage de repères.

Quand le doute s’invite malgré tout

Même avec cette préparation, les premiers jours ont quand même laissé place à des doutes.

Pendant les trois premières semaines, je me suis demandé ce que je faisais ici. Le projet me paraissait parfois énorme. Est-ce que j’allais réussir? Est-ce que ce métier allait me plaire? Est-ce que j’avais fait le bon choix?

Ces questions ne signifiaient pas forcément que j'avais fait une erreur. Elles faisaient aussi partie de la découverte d'un nouvel environnement, avec des attentes auxquelles je devais m'habituer.

J'aurais pu vouloir des réponses claires à toutes mes questions tout de suite. Mais j'ai préféré me concentrer sur ce qui m'avait menée ici : ma vision, mes intentions et les vraies raisons de ce changement.

Je suis revenue au moment présent.

Est-ce que j'ai ce qu'il me faut pour vivre, ici et maintenant? Est-ce que j'ai un endroit où dormir et de quoi manger? Est-ce que je peux encore avoir des moments agréables, voir mes proches et garder des activités qui me font du bien?

La réponse était oui.

Cela ne supprimait ni les soucis d’argent ni la fatigue. Mais cela m’aidait à voir les vrais problèmes auxquels je devais faire face, plutôt que de me laisser envahir par des peurs concernant un futur encore incertain.

Je n'avais pas besoin d'être sûr de ce qui allait arriver dans les prochaines années pour continuer à avancer aujourd'hui.

Je trouve cette distinction importante à chaque transition. On aimerait être sûr d’avoir pris la bonne décision avant d’en voir les conséquences. Mais on ne peut accéder à certaines réponses qu’en avançant.

Reconnaître ce qui s’éveille en nous

Avec le temps, un autre événement s'est produit.

Au fil de mes apprentissages, j'ai senti renaître en moi un intérêt profond pour l'être humain. Ma curiosité grandissait, et mon envie d'apprendre aussi. Je voyais de plus en plus que cette passion enfouie prenait de l'ampleur.

Cette expérience m'a fait sentir que j'étais là où je devais être, au bon moment.

Je n’ai pas trouvé cette certitude parce que tous mes doutes avaient disparu, ni parce que ma situation était parfaite. Je l’ai trouvée dans ce que je découvrais en avançant.

Je pense qu’on oublie parfois cet aspect des transitions. Nous les voyons souvent comme des problèmes à résoudre. Nous repérons ce qui ne va plus, cherchons des solutions, comparons les options et essayons de prendre la meilleure décision.

Tout cela est utile, car une transition est aussi une expérience de découverte.

Quand on explore un nouveau domaine, qu’on rencontre des gens, qu’on apprend de nouvelles choses ou qu’on essaie une autre manière de vivre, on peut découvrir des intérêts, des besoins ou des envies qu’on n’avait pas encore identifiés.

Nous ne nous contentons pas d’avancer vers une destination. Nous découvrons aussi des choses sur nous-mêmes en chemin.

Prendre soin de la personne qui porte le projet

Je pourrais conclure cette réflexion en disant que, quand on trouve sa voie, tout devient plus simple.

Mais ce n'est pas ce que je vis.

Reprendre des études à temps plein à la quarantaine demande beaucoup d’efforts. La charge de travail est lourde. Les journées demandent beaucoup d’attention. Il faut aussi apporter des changements sur le plan financier.

Même lorsqu'un projet nous anime, notre énergie reste une ressource limitée. L'enthousiasme ne remplace ni le sommeil ni les périodes de repos.

J'ai donc dû faire attention à des choses qui paraissent simples, mais qui m'aident vraiment chaque jour : garder une routine, manger correctement, dormir suffisamment, bouger et garder des moments pour récupérer.

Je ne peux pas enlever toutes les contraintes de cette nouvelle vie. Par contre, je peux essayer de mettre en place des conditions qui m’aident à les gérer plus facilement.

Pour moi, cette dimension compte beaucoup. Lorsqu'un changement majeur est lancé, nous investissons beaucoup d'énergie dans le projet. Nous pensons aux objectifs, aux délais et aux étapes à suivre. Nous devons aussi penser à la personne qui vivra ce changement chaque jour.

Un projet peut vraiment correspondre à ce que nous voulons et pourtant exiger des changements, des concessions et de la patience.

Les deux réalités peuvent exister en même temps.

Et si tu avais déjà plus de ressources que tu ne le crois ?

Avec du recul, cette rentrée m'a montré que nous voyons parfois mal ce dont nous sommes capables.

Nous voyons les défis à venir, les connaissances à acquérir, les habitudes à changer et les risques à prendre en compte. Mais parfois, nous oublions les expériences qui nous ont façonnés, les stratégies que nous avons développées et les difficultés que nous avons traversées. Certains changements nous amènent aussi à revoir la place que notre travail occupe dans notre identité. J’explore cette dimension dans cet article sur le deuil identitaire.

Avant de te demander si tu es prête à entamer un changement, prends un moment pour voir ce que tu as déjà obtenu.

Voici quelques questions pour commencer cette réflexion.

1. Qu'ai-je appris ces dernières années ?

Pense à un moment au travail ou dans ta vie où tu as dû changer tes habitudes. Qu’as-tu appris sur toi-même ? Quelles compétences ou méthodes as-tu mises en place ?

2. Quelles ressources puis-je utiliser aujourd'hui ?

Cela peut être des connaissances, des expériences, des relations, des habitudes ou des façons de faire face aux difficultés. Lesquelles pourraient t’aider dans la situation que tu vis ?

3. Que puis-je préparer concrètement ?

Est-ce qu’il y a quelque chose dans ta vie de tous les jours, une information à trouver ou une discussion à avoir, qui rendrait la prochaine étape plus facile ?

4. Comment puis-je prendre soin de moi pendant cette période?

De quoi as-tu besoin pour garder ton énergie, rester ancré·e et traverser cette période sans t’épuiser à vouloir tout résoudre d’un coup ?

5. Qu’est-ce que je vais trouver si je continue?

En plus de ce que tu veux obtenir, que veux-tu explorer, apprendre ou comprendre davantage ? Quelles réponses trouveras-tu seulement en commençant ?

Tu n’as pas à répondre à toutes ces questions tout de suite. Le but n’est pas d’alourdir ta journée avec une nouvelle liste de tâches. Ce moment sert à voir ce que tu sais déjà, ce que tu peux préparer et ce qu’il te reste à apprendre.

Avancer sans tout savoir

Je ne sais pas encore où ce projet va me mener exactement ni comment tout va s’assembler. Mais je sais pourquoi j'ai commencé cette démarche. Je sens ce qui change en moi grâce à ce que j'apprends. Et je sais que je peux encore modifier mon quotidien pour que cette nouvelle vie soit plus facile à vivre.

Traverser une transition, c'est avancer sans attendre que tout soit parfait et sans s'obliger à tout savoir. Cela demande d'aller de l'avant avec ce que l'on sait, ce que l'on a et ce que l'on découvre. Nous ne pouvons pas tout anticiper. Nous pouvons cependant mieux nous connaître, voir les ressources dont nous disposons déjà et nous donner le temps de voir ce qui vient.

Parfois, nous pouvons faire plus que nous le croyons. 🤍


↗️ Prête à être accompagnée dans ta propre transition ? Je t'offre un appel téléphonique gratuit pour qu'on se parle et qu'on voie ensemble si je suis la bonne personne pour toi. Réserve un appel découverte gratuit avec moi. 🤍



💌 Continue de me lire gratuitement!

Si ce texte t’a parlé, je t’invite à recevoir mes infolettres dans lesquelles je partage du contenu sur l’orientation et la reconversion professionnelle, mon parcours de retour aux études à et des outils pratiques pour faire le point sur ton propre cheminement.

Et pour te remercier, je t’offre mon cahier gratuit : 10 questions pour faire le point sur ta vie professionnelle.

Je reçois mon cahier gratuit →

Suivant
Suivant

Quitter une identité qui ne nous ressemble plus : traverser le deuil avec les saisons