Ce que mes matins sobres m’ont appris sur moi-même

Ce matin, je me suis réveillée tôt. Il y avait cette lumière blanche et douce qui apaise instantanément et qui invite à savourer le moment présent. Cela m’a donné envie d'écrire sur mon cheminement de sobriété et de partager dans cet article quelques-unes de mes réflexions.

Avant : Les matins flous

Moi en juillet 2021.

Il y a quelques jours, ma fille m’a partagé un souvenir Snapchat. On me voyait en juillet 2021, assise à une terrasse dans un vignoble, un verre de vin à la main et le visage au soleil. De l’extérieur, tout avait l’air festif, léger et joyeux. Une belle journée d’été comme il en passe des centaines dans une vie.

Après avoir revu cette photo, j'ai pensé à la femme que je serais devenue si rien n'avait changé. Ça m'a rappelé à quel point je portais un lourd fardeau sans vraiment en être consciente.

Je me souviens aussi de ce que je ressentais ce jour-là. J’étais profondément malheureuse et sur le point de m’effondrer. Ce que la photo ne montrait pas, c’est la culpabilité que je portais et la fatigue de faire semblant d’aller bien. Ce décalage entre ce qu'on projette et ce qu'on vit vraiment, je le connaissais bien, car je l’habitais depuis des années.

Je pense qu'on le connaît tous d'une façon ou d'une autre. Cette façade qu'on maintient au travail, sur les réseaux, dans les soupers et les cocktails, pendant qu'à l'intérieur, quelque chose crie que ça ne va pas vraiment. J’étais devenue tellement habile à faire semblant que j’ai fini par me perdre moi-même dans le décor.

Ce qui m’a aidé à comprendre

Au début de mon cheminement vers l'arrêt de l'alcool, j'ai lu Ivresse de Catherine McKenzie. Un roman qui suit les aventures d’une trentenaire drôle et attachante qui n'assume pas son âge, ni son alcoolisme en devenir. Si je me souviens bien, c’est l’un des premiers livres que j’ai lus sur le sujet. J’étais encore dans le déni face à mes problèmes, mais j’étais curieuse de voir si j’allais me reconnaître. Est-ce que ma consommation était problématique au point de me rendre en centre de désintoxication ?

Ce roman léger à tendance chik-lit, il fait ce que plusieurs livres font dans les débuts : il excuse notre consommation d’alcool en banalisant légèrement la situation et nous conforte dans l’idée que nous n’avons peut-être pas un si “gros” problème, mais qu’il vaut quand même la peine de se questionner. Il m'a éveillée à cette croyance bien ancrée en moi : je pouvais continuer à faire semblant, à être fonctionnelle, à tenter de contrôler ma consommation. Mais à quel prix ?

C'est une question qui m'a longtemps accompagnée et, souvent, ce sont les livres sur le sujet qui m’ont aidée à comprendre et à y répondre.

Si toi aussi tu sens ce décalage en ce moment, voici une question simple à te poser :

  • Qu'est-ce que je fais, ou que j'évite de faire, pour ne pas avoir à ressentir ce que je ressens vraiment ?

Ça peut être l'alcool. Ça peut être les réseaux sociaux, le surmenage, la nourriture, le perfectionnisme ou l'hyperactivité. Les façons de faire semblant sont infinies. Ce qui compte, c'est de commencer à les voir avec curiosité et bienveillance, et non pas avec honte.

Ensuite, une deuxième question :

  • À quoi ressemblerait un matin où je n'aurais plus besoin de cette béquille ?

Tu n'as pas besoin de tout régler d'un coup. Juste d'imaginer ta vie autrement, c'est déjà un pas dans la bonne direction.

Chaque matin est un recommencement possible. Juste une porte qui s'ouvre. 🤍

Tout mon affection,

Charlène


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